WordCraft, GridCraft, PhotoCraft : les clones gratuits d'Adobe et Microsoft par l'IA !

photocraft app iconUn développeur a utilisé Claude et Codex pour réécrire en quelques jours des versions open source de Photoshop, Premiere, Word, Excel et PowerPoint. Cette « Craft Suite » (PhotoCraft, WordCraft, GridCraft, etc.) s’installe nativement sur Mac, sans compte ni abonnement. Elles restent en alpha, mais elles montrent déjà ce que l’IA peut accélérer dans le développement logiciel. On peut également les avoir sur PC, Linux et même le web.

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Comment ça a été créé

Brandon Thomas, fondateur du studio ArtCraft (et derrière FakeYou et Storyteller.ai), a lancé il y a moins de deux semaines une série de réécritures « clean-room ». Le principe : partir des spécifications publiques des formats (PSD, DOCX, XLSX, PPTX, DXF, etc.) et du comportement observé des logiciels d’origine, sans copier leur code.

Le code est écrit en Rust, compilé en applications natives pour macOS (Apple Silicon et Intel), Windows et Linux, avec aussi des versions navigateur en WebAssembly. Claude Opus 5.5 (et parfois d’autres modèles comme GPT-6 via Codex) a généré l’essentiel du code, sous la direction et la relecture de Thomas et d’une communauté qui a rapidement grossi. Les interfaces reproduisent les menus, raccourcis et panneaux des originaux pour que la prise en main soit immédiate.

Le projet ArtCraft est open source (MIT / Apache 2.0). Le financement passe par l’offre d’images et de vidéos IA du studio ArtCraft, pas par les apps elles-mêmes. Sur Mac, l’installation se fait via un Launcher officiel ou des DMG universels signés et notarizés, téléchargés depuis GitHub.

Ce que ça permet déjà de faire

La suite compte une douzaine d’outils. Les plus avancés :

  • PhotoCraft (Photoshop) : ouvre et réenregistre des PSD avec calques, modes de fusion, masques, styles. Des tests ont montré un rendu pixel-par-pixel identique sur des fichiers simples. Interface en français possible.
photocraft hero
  • WordCraft, GridCraft, DeckCraft (Word, Excel, PowerPoint) : ouvrent et sauvent les formats Microsoft. GridCraft revendique une large couverture des fonctions de feuille de calcul (y compris des formules avancées) et une bonne partie du ruban. WordCraft gère styles, modifications suivies, commentaires et publipostage de base. DeckCraft prend en charge thèmes et animations de base.
gridcraft hero
  • Autres : VectorCraft (Illustrator), FilmCraft (Premiere), LightCraft (Lightroom), DesignCraft (InDesign), PdfCraft, CADCraft (AutoCAD), SoundCraft, etc.
filmcraft hero

Sur un Mac, on peut donc ouvrir un PSD, un DOCX ou un XLSX sans passer par Adobe Creative Cloud ou Microsoft 365. Les versions navigateur permettent même de tester rapidement sans installation complète.

Les limites (importantes)

Comme expliqué en préambule, ces outils restent en alpha, soit encore moins stable qu'une bêta. Ils ne remplacent pas encore les versions professionnelles pour un usage quotidien. Les macros, les add-ins, certains formats propriétaires (projets Premiere .prproj, After Effects .aep, sessions Pro Tools avancées) sont absents ou incomplets. La correction orthographique est limitée (anglais et polonais principalement, français en cours). Des fonctions de base peuvent encore échouer selon les fichiers.

La parité réelle (pas seulement la présence d’un bouton dans le menu) est estimée entre 50 et 80 % selon les apps, et le développeur a revu ses ambitions à la baisse : plusieurs mois seront nécessaires pour approcher une compatibilité solide (à comparer aux dizaines d'années de travail des équipes américaines concernées). Les performances, la stabilité sur de gros documents et la gestion fine des polices ou des calques complexes restent des points à surveiller.

Sur Mac, l’intégration système (Continuity, raccourcis globaux, performances GPU via Metal) est correcte pour des applications natives, mais loin de la maturité des originaux. Il n’y a pas d’App Store, donc les mises à jour passent par le Launcher ou GitHub.

Pour un utilisateur Mac

L’intérêt est réel pour éviter un abonnement Adobe ou Microsoft sur des tâches ponctuelles : retoucher un PSD simple, vérifier un tableur, ouvrir une présentation. L’installation est simple (DMG + glisser dans Applications) et le code open source rassure sur la pérennité. En revanche, pour du travail professionnel régulier, de la collaboration ou des fichiers complexes, les originaux (ou des alternatives plus matures comme Affinity, DaVinci Resolve ou LibreOffice) restent plus sûrs pour l’instant.

Le projet illustre surtout une accélération spectaculaire : ce qui demandait des années à des équipes peut désormais être amorcé en jours avec un bon développeur et un modèle de code avancé. La qualité finale dépendra de la communauté et des itérations. Pour l’heure, c’est une curiosité impressionnante et un outil de dépannage utile, pas encore un remplaçant.

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