Pourquoi je n’achèterais pas l’iPhone 18 Pro cette année
Alexandre Godard- Il y a 41 min
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L’iPhone 18 Pro n’est même pas encore présenté que son successeur attire déjà tous les regards. Pour les 20 ans de l’iPhone, Apple préparerait une refonte particulièrement ambitieuse. De quoi donner une bonne raison de patienter avant de changer de téléphone.
L'iPhone 18 Pro sort dans deux jours, et pourtant je pense déjà à autre chose
Mercredi, Apple présentera l'iPhone 18 Pro et l'iPhone 18 Pro Max. Sur le papier, difficile de ne pas être tenté : nouvelle puce, nouveau capteur photo, coloris inédits. Mais en creusant les dernières fuites concernant l'iPhone qui doit marquer les vingt ans de la gamme, prévu pour 2027, je me demande si ce n'est pas justement le moment de laisser tourner son iPhone encore une saison.
Un châssis qui n'existe presque plus
Le changement le plus radical touche la face avant du téléphone. Apple travaillerait avec Samsung sur une dalle en verre incurvée sur ses quatre côtés, au point de masquer le cadre métallique lors d'un usage normal. L'idée n'est pas nouvelle dans l'industrie, mais l'ampleur de la courbure évoquée dépasse tout ce qu'Apple a tenté jusqu'ici, y compris sur les versions les plus abouties de l'iPhone Pro actuel.
Ce n'est pas tout. La Dynamic Island, ou plutôt ce qui en reste, pourrait tout simplement disparaître. Les composants de Face ID seraient déplacés sous l'écran, et la caméra frontale suivrait le même chemin grâce à une technologie de capteur sous dalle. Sur ce point précis, la prudence reste de mise : cette même promesse circule depuis près de cinq ans dans les couloirs de Cupertino sans jamais franchir le stade du prototype présentable. Si l'idée séduit sur le papier, elle a surtout démontré sa capacité à glisser d'une génération à l'autre.
La fin du capteur Sony
Un autre basculement, moins spectaculaire à l'œil mais tout aussi structurant, concernerait la photo. Apple développerait en interne son propre capteur d'image empilé, mettant fin à des années de dépendance vis-à-vis de Sony. La technologie évoquée, dite LOFIC, permettrait à chaque pixel de stocker des quantités de lumière variables, avec une plage dynamique annoncée jusqu'à 20 diaphragmes. Concrètement, cela signifierait des hautes lumières mieux préservées et des ombres plus détaillées sur des scènes à fort contraste, exactement le genre de situation où les capteurs actuels, pourtant déjà excellents, montrent encore leurs limites.
Maîtriser soi-même cette brique n'est pas un détail industriel anodin. Cela rappelle la stratégie déjà suivie sur les puces silicium, où Apple a progressivement remplacé des fournisseurs externes par des composants maison, gagnant en marge et en contrôle du calendrier de production.
Des boutons qui ne bougent plus
Sur la tranche, Apple testerait des boutons entièrement statiques, sans le moindre mouvement mécanique, pour le bouton latéral, le volume, le bouton Action et le Camera Control. Le retour tactile serait entièrement simulé par un moteur haptique, une approche déjà éprouvée sur le trackpad des MacBook depuis des années. Moins de pièces mobiles, c'est aussi moins d'usure et moins de poussière qui s'infiltre, un argument qui parlera à quiconque a déjà connu un bouton capricieux à force d'usage quotidien.
La puce, la batterie, et la mémoire qui change tout
Côté performance, l'iPhone 18 Pro devrait inaugurer la puce A20 Pro en 2 nm. La génération suivante embarquerait directement l'A21 Pro, gravée en 2 nanomètres de seconde génération, un saut technique qui suit la feuille de route habituelle de TSMC plutôt qu'une rupture soudaine.
Deux évolutions me semblent toutefois plus intéressantes que la puce elle-même. La première concerne la batterie : Apple explorerait une anode en silicium, capable de stocker davantage d'ions lithium par gramme que les batteries actuelles. Sur le papier, cela veut dire plus d'autonomie sans agrandir le boîtier, ce qui reste le vrai point faible de la plupart des smartphones haut de gamme, y compris chez Apple.
La seconde touche la mémoire. Une architecture de DRAM empilée verticalement, pensée pour améliorer la bande passante mémoire, serait à l'étude. Cette brique compterait particulièrement pour les traitements d'intelligence artificielle exécutés directement sur l'appareil, un chantier qu'Apple a mis du temps à prendre au sérieux face à Google et Samsung, mais qu'elle semble désormais vouloir rattraper autant par le matériel que par le logiciel.
Deux tailles, deux écrans plus grands
Enfin, les modèles anniversaire adopteraient des diagonales supérieures à celles de cette année. On évoque 6,4 pouces pour le modèle standard et jusqu'à 7 pouces pour la version Max, contre 6,3 et 6,9 pouces sur l'actuel iPhone 18 Pro et iPhone 18 Pro Max. Un centimètre carré de plus ne change pas une vie, mais pour les usages vidéo ou multitâche, la différence se ressent à l'usage et c'est un véritable confort visuel.
Faut-il vraiment attendre un an ?
Il faut garder la tête froide. Nous sommes à douze mois de la sortie de ces modèles, et les plans d'Apple bougent régulièrement d'ici là. Des fonctionnalités aussi ambitieuses ont l'habitude de glisser d'une génération, parfois deux. La Face ID sous l'écran en est l'exemple parfait : elle est annoncée comme imminente depuis si longtemps qu'elle est presque devenue une private joke chez les observateurs de la marque.
Ce qui change cette fois, c'est l'accumulation. Prises séparément, ces évolutions ressembleraient à n'importe quelle mise à jour annuelle. Additionnées, elles dessinent la refonte la plus profonde de l'iPhone depuis l'iPhone X en 2017, lui aussi lancé pour un anniversaire symbolique. Si seulement la moitié de ces promesses tient jusqu'au lancement, ce futur modèle vaudra probablement le détour.
Dans l'intervalle, avec des prix de l'iPhone 18 Pro annoncés en hausse sensible par rapport à l'an dernier, conséquence directe de la pénurie mondiale de mémoire DRAM et NAND qui touche toute l'industrie, garder son iPhone un an de plus n'a jamais paru aussi raisonnable. Le vrai saut, ce n'est peut-être pas cette semaine qu'il faudra le faire, mais dans douze mois.


















