Sam Altman estime que votre Mac n'a pas besoin d'autant de RAM
Alexandre Godard- À l'instant
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Sam Altman estime que la mémoire vive de nos ordinateurs serait mieux exploitée dans les centres de données dédiés à l'IA plutôt que dans les machines des particuliers. Une déclaration particulièrement ironique venant du patron d'OpenAI, alors que la course à l'intelligence artificielle contribue justement à tendre le marché de la mémoire et à faire grimper les prix.
Sam Altman juge que la RAM de nos ordinateurs serait mieux utilisée dans les data centers (ben voyons)
Dans une interview au podcast Cheeky Pint publiée le 29 octobre 2026, le PDG d'OpenAI a livré une opinion qui risque de faire grincer des dents chez les propriétaires de Mac et de PC. Interrogé sur les tensions d'approvisionnement en mémoire vive, Sam Altman estime qu'il est « assez terrible » que chacun détienne une part de l'offre mondiale de DRAM dans son propre ordinateur, alors qu'elle ne serait sollicitée que 5 % du temps.
Le raisonnement est simple : mieux vaudrait concentrer cette mémoire dans des centres de données, où elle travaillerait en continu. Reste que le chiffre de 5 % n'est accompagné d'aucune méthode permettant de le vérifier, et qu'une RAM sert aussi à garantir de la réactivité, à lancer plusieurs applications en même temps ou à faire tourner les logiciels de son choix.
Le plus frappant tient à l'identité de celui qui parle. OpenAI figure parmi les acteurs qui font exploser la demande mondiale de mémoire. En octobre 2025, l'entreprise a annoncé des partenariats avec Samsung et SK hynix dans le cadre de Stargate, avec une capacité visée pouvant atteindre 900 000 plaques de DRAM par mois. Entendre son dirigeant suggérer que les particuliers devraient s'équiper de moins de mémoire a donc de quoi surprendre, d'autant que cette vision colle parfaitement à un modèle économique fondé sur l'accès à des modèles en ligne et sur des abonnements.
Les conséquences ne se limitent pas aux machines dédiées à l'IA. La DRAM équipe pratiquement tous nos appareils : ordinateurs, smartphones, tablettes, téléviseurs, consoles. Quand les fabricants privilégient les commandes très rentables des serveurs, les autres marchés héritent de capacités plus limitées et de coûts d'approvisionnement plus élevés. TrendForce prévoit d'ailleurs une hausse de 10 à 15 % des prix contractuels de la DRAM conventionnelle au quatrième trimestre 2026. 2027 s'annonce également très compliqué...
Apple n'est pas à l'abri. Les Mac reposent sur la mémoire unifiée, les iPhone embarquent leur propre mémoire vive, et un renchérissement de ces composants peut peser sur les coûts de fabrication, puis, potentiellement, sur les prix de vente. Sam Altman ne demande évidemment pas à Apple d'augmenter ses tarifs : il s'agit d'une conséquence économique possible de la pression sur les chaînes d'approvisionnement.
Elon Musk lui a d'ailleurs répondu avec une pointe d'ironie sur X, en rappelant que « nous méritons tous d'avoir de la RAM, à commencer par les consommateurs et les clients ! ». Un rappel plutôt pertinent : l'intelligence artificielle a beau représenter l'avenir, encore faut-il que nous disposions de machines suffisamment équipées pour en profiter. Si les ressources matérielles deviennent inaccessibles au grand public, les promesses de l'IA risquent de perdre une bonne partie de leur intérêt.
The people deserve to have their RAM too! https://t.co/q6dwauALw4
— Elon Musk (@elonmusk) November 1, 2026
La vraie question n'est donc pas seulement de savoir où la RAM est la mieux exploitée, mais qui peut y accéder, et à quel prix. Pendant que les géants de l'IA sécurisent toujours plus de mémoire, les consommateurs risquent de payer plus cher pour conserver des appareils performants.

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