L’UE veut augmenter les taxes pour Apple, Google, Meta, etc.
Alexandre Godard- Il y a 8 min
- 💬 Réagir
- 🔈 Écouter
Bruxelles cherche à faire contribuer davantage les géants de la tech, tout en évitant de les cibler ouvertement. Son projet de contribution européenne pourrait ainsi prendre une forme suffisamment générale pour ne pas braquer Washington.
Bruxelles veut faire payer Apple et les géants de la tech sans jamais les nommer
Apple pourrait devoir verser chaque année une somme forfaitaire à l'Union européenne, sans que son nom, ni celui d'aucun autre géant du numérique, figure dans le texte. Selon le Financial Times, relayé le 7 octobre 2026, la Commission européenne retravaille son projet CORE, pour « Corporate Resource for Europe ».
Dans sa version actuelle, CORE vise toutes les entreprises qui réalisent plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires par an dans l'Union. Leur contribution est fixe et se situe entre 100 000 et 750 000 euros. Pour un groupe comme Apple, dont iCloud, Apple Music ou Apple TV génèrent des revenus considérables en Europe, la facture resterait anecdotique. C'est précisément ce qui pousse Bruxelles à revoir sa copie.
Des responsables européens cités par le quotidien britannique évoquent un relèvement des seuils et un ajustement des montants, de façon à ne viser que les très grandes sociétés. Le double objectif est clair : faire contribuer davantage les groupes technologiques et répondre aux critiques de ceux qui craignaient de voir CORE frapper de nombreuses entreprises européennes de taille moyenne.
La manœuvre est aussi diplomatique. Une taxe uniquement numérique agace Washington, et Donald Trump a menacé en juin d'imposer 100 % de droits de douane aux pays qui taxeraient les entreprises américaines du secteur. En étendant le dispositif à l'ensemble des grandes entreprises, la Commission espère éviter une nouvelle escalade commerciale. Plusieurs capitales européennes refusent déjà une taxe purement numérique, et un grand nombre s'opposent aussi à CORE, ce qui explique cette recherche de compromis.
Rien n'est encore décidé. Le montant exigé de chaque entreprise n'est pas fixé, et les 27 États membres doivent d'abord s'entendre sur le principe. Le projet initial, présenté en juillet 2025, prévoyait une entrée en vigueur au plus tôt en 2028. Apple, Google et Meta n'avaient pas réagi au moment de la publication des premières dépêches.
Reste une question : Washington verra-t-il dans ce texte autre chose qu'une taxe sur ses champions habillée en mesure générale ?




















