Australie : Apple devra ouvrir l’iPhone aux boutiques tierces dès 2027
Alban Martin- Il y a 3 min
- 💬 Réagir
- 🔈 Écouter
Nouvelle défaite judiciaire pour Apple : la justice australienne lui impose d’autoriser les boutiques d’applications concurrentes, le téléchargement direct et les paiements alternatifs sur iPhone, comme en Europe ou au Japon par exemple. Les changements devront entrer en vigueur le 1er mars 2027, sauf report accordé par le tribunal.
L’App Store ne sera plus le seul passage obligé
La Cour fédérale australienne a rendu sa décision le 22 octobre 2026, après avoir estimé en août 2025 qu’Apple avait abusé de sa position dominante en limitant la distribution des applications et les moyens de paiement.
Concrètement, les utilisateurs dont le compte Apple est domicilié en Australie pourront télécharger, installer et mettre à jour des applications depuis des boutiques concurrentes ou directement depuis des sites web. Apple ne pourra pas facturer l’accès à ces plateformes ni compliquer artificiellement leur utilisation. Ce sont des sociétés comme Epic qui vont être contentes.
Les développeurs pourront également proposer leurs propres moyens de paiement, y compris depuis les applications distribuées sur l’App Store. Ils pourront renvoyer les utilisateurs vers des sites externes et pratiquer des prix plus bas sans être pénalisés par Apple.
Autre point important, Apple ne pourra pas imposer aux développeurs de conserver son propre système de paiement en parallèle, ni leur demander de déclarer les transactions réalisées par les solutions concurrentes.
Apple conserve un rôle dans la sécurité
Cette ouverture ne signifie pas que toutes les applications pourront être installées sans contrôle. Les apps distribuées en dehors de l’App Store devront passer par une vérification automatisée de sécurité ou de confidentialité, puis être notariées par Apple ou un tiers qualifié.
En revanche, les mesures de protection devront rester proportionnées. Apple ne pourra pas multiplier les obstacles à l’installation ni bloquer arbitrairement les boutiques concurrentes, l’Europe l’ayant récemment forcer à assouplir le parcours justement. La firme conservera la possibilité de retirer certaines applications externes en cas de contenu dangereux, de véritable risque de sécurité ou d’obligation légale.
La décision encadre également les commissions qu’Apple pourra réclamer. Pour les achats effectués via des systèmes de paiement alternatifs, elle ne pourra pas facturer librement les développeurs. Dans les applications de l’App Store, les frais seront plafonnés selon les conditions fixées par le tribunal.
Apple va faire appel
Apple a annoncé à Reuters son intention de contester la décision et de demander la suspension de son application. L’entreprise invoque notamment ses droits de propriété intellectuelle et la sécurité de son écosystème.
Les nouvelles règles doivent entrer en vigueur le 1er mars 2027 à midi, heure de Melbourne. Apple pourra demander un report entre le 1er et le 15 février, avec une éventuelle prolongation jusqu’au 3 mai si le tribunal l’autorise.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement international qui remet en question le contrôle exercé par Apple sur la distribution des applications et les paiements sur iPhone. Pour les développeurs, l’enjeu est concret : davantage de liberté commerciale et potentiellement moins de commissions. Pour les utilisateurs, cela pourrait se traduire par plus de choix et des prix différents, mais aussi par la nécessité de bien distinguer les plateformes fiables des autres.




















