Tim Cook refuse d’écrire lui-même son héritage chez Apple
Alexandre Godard- À l'instant
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Après plus d’une décennie à la tête d’Apple, Tim Cook s’apprête à passer le relais. À l’heure de quitter son poste, le dirigeant préfère laisser les autres écrire son bilan plutôt que de définir lui-même l’héritage qu’il souhaite laisser.
Avant son départ, Tim Cook préfère laisser les autres juger son héritage
À quelques semaines de son départ du poste de CEO d'Apple, prévu pour le 1er septembre, Tim Cook a livré une déclaration qui tranche avec les habitudes du monde de la tech. Interrogé sur l'héritage qu'il laisse derrière lui, il a répondu qu'il préférait ne pas s'en charger lui-même, ajoutant simplement qu'il espère être vu comme un homme bon et honnête.
La formule surprend par son humilité, surtout venant de celui qui a succédé à une figure aussi écrasante que Steve Jobs. Quand son prédécesseur cultivait volontiers le mythe du visionnaire au discours millimétré, Cook a toujours préféré la discrétion opérationnelle. Refuser de définir son propre bilan au moment de partir n'est pas un hasard, c'est la continuité d'un style de gouvernance entièrement construit sur la retenue.
Ce choix de vocabulaire, un homme bon plutôt qu'un grand patron, dit aussi quelque chose du contraste entre deux façons de mesurer une carrière à la tête d'Apple. D'un côté, les chiffres parlent d'eux-mêmes : sous sa direction, l'entreprise a multiplié sa valeur, transformé l'iPhone en produit de masse mondial, et enchaîné des trimestres records, dont le dernier en date avec 109 milliards de dollars de chiffre d'affaires, davantage que ce qu'Apple engrangeait sur une année entière à ses débuts. De l'autre, Cook semble vouloir être jugé sur un terrain que les bilans financiers ne couvrent jamais, celui du comportement humain.
John Ternus prendra sa suite dès le 1er septembre, tandis que Cook conservera un rôle de président exécutif et une fonction de liaison auprès des pouvoirs publics. Il ne disparaîtra donc pas complètement du paysage, mais il ne sera plus celui qui porte la parole d'Apple sur scène.
Reste que la véritable évaluation d'un mandat aussi long ne se joue jamais dans l'instant du départ. Elle se construira dans les années suivantes, à mesure que les choix pris aujourd'hui montreront leurs effets, bien après que l'intéressé aura cessé d'y participer.



















