PlayStation rappelle à ses joueurs qu'ils ne possèdent pas leurs jeux
Alexandre Godard- À l'instant
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Alors que les joueurs PlayStation se mobilisent contre la disparition prochaine des jeux physiques, Sony ravive la polémique avec un rappel plutôt malvenu. L'entreprise souligne noir sur blanc, via un mail envoyé ce week-end, que les jeux numériques sont concédés sous licence, et non réellement possédés par les joueurs.
Un mail provocateur ?
Le timing ne pouvait pas être pire pour Sony. Depuis samedi dernier, plusieurs utilisateurs PlayStation (dont nous) ont reçu un message de Sony Interactive Entertainment Network Europe consacré aux conditions d'utilisation du PlayStation Network. Un simple rappel juridique en apparence, mais qui tombe en pleine mobilisation des joueurs contre la disparition programmée des jeux physiques.
Le message renvoie vers plusieurs textes déjà acceptés par les utilisateurs, dont le contrat de licence applicable aux logiciels, dans sa version révisée d'avril 2026. Le point qui cristallise les critiques concerne la nature de l'achat numérique. Le logiciel est concédé sous licence et non vendu, ce qui signifie qu'une bibliothèque de jeux dématérialisés fonctionne comme une location à durée indéterminée, révocable à tout moment. Concrètement, un compte fermé ou banni peut entraîner la disparition de jeux pourtant payés, sans recours possible.
Ce rappel intervient à peine quelques semaines après l'annonce de l'arrêt de la production de disques PlayStation à partir de janvier 2028. Les jeux déjà sortis en version physique resteront lisibles, mais toute nouveauté ne sera plus disponible que sous forme numérique, via le PlayStation Store ou les revendeurs. Une partie de la communauté a lancé un mouvement de boycott, invitant les joueurs à ne plus allumer leur console ni effectuer d'achats jusqu'au 1er septembre.
Sony assure de son côté ne pas revenir sur sa décision. Lors de sa dernière conférence financière, l'entreprise a justifié ce virage par la numérisation croissante des usages, estimant que l'abandon du disque n'aurait pas d'impact négatif sur ses résultats.
Le problème dépasse toutefois la seule question du disque. Tant que l'achat numérique reste une simple licence révocable, sans possibilité de revente ni de prêt entre joueurs, la confiance dans l'écosystème PlayStation restera fragile. La marque concentre aujourd'hui l'essentiel de la colère, faute d'avoir proposé la moindre contrepartie concrète aux joueurs qui perdent leur dernier lien avec la propriété physique du jeu vidéo.


















