Tesla Roadster 2 : une version qui vole, mais seule la Performance a une chance en France
Alban Martin- À l'instant
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Elon Musk a enfin présenté la nouvelle Tesla Roadster le 15 octobre 2026 sur le site d’essais SpaceX près de Waco, au Texas. L’événement, retransmis en direct, a duré moins de trente minutes et s’est apparenté à un spectacle de cascades plutôt qu’à une révélation technique classique. La voiture a grimpé une rampe en C jusqu’à se retrouver à l’envers, maintenue par un système d’aspiration alimenté par des ventilateurs, avant de se retourner en l’air grâce à des propulseurs à gaz froid et d’atterrir en douceur. Tesla a aussi affiché un 0 à 97 km/h en 0,81 seconde lors d’un essai. Incroyable, mais vrai.
Trois versions aux ambitions très différentes
Tesla propose trois déclinaisons. La Performance est présentée comme « road ready » : deux places, aérodynamique active et système d’aspiration multi-modes pour le downforce. Elle vise moins de 1,6 seconde sur le 0 à 97 km/h. La Thrust, « race ready », ajoute des propulseurs à gaz froid à l’arrière et descend sous les 0,9 seconde. La Rocket, monoplace « air ready », multiplie les propulseurs tout autour de la carrosserie pour des mouvements verticaux et rotatifs. Elle vise moins de 0,59 seconde et plus de 370 km/h, mais Tesla précise qu’elle n’est pas approuvée pour la voie publique. Toutes les versions annoncent environ 480 km d’autonomie. La production est prévue en 2028, près de neuf ans après le concept initial de 2017.
Musk a résumé l’ambition : la voiture peut « voler comme une fusée ». Les propulseurs, issus de technologies SpaceX, utilisent de l’air comprimé sous haute pression dans des réservoirs en fibre de carbone, avec des actionneurs électriques pour des ajustements rapides. Un système de ventilateurs sous le châssis crée une dépression pour coller la voiture au sol, même à l’envers.


Réservations ouvertes en France, prix de vente toujours inconnu
Aucun prix de vente final n’a été communiqué. En revanche, les réservations sont ouvertes, y compris en France. Sur le site Tesla français, la version Performance demande 5 000 € payables immédiatement par carte (entièrement remboursables selon Tesla), puis 45 000 € par virement dans les dix jours, soit 50 000 € d’acompte au total. La Thrust grimpe autour de 250 000 € d’acompte. La Rocket reste sur invitation. Ces montants donnent une priorité indicative, mais ne constituent pas une commande ferme. Le prix catalogue final, les options et le calendrier de livraison européen restent inconnus.
Homologation : la Performance seule réaliste pour la route en France
C’est le point central pour les acheteurs français. Selon toute vraisemblance, seule la version Performance a une chance raisonnable d’être homologuée pour circuler sur les routes ouvertes. Elle devrait respecter le règlement européen 2018/858 (freinage, éclairage, protection des piétons, bruit) et le règlement R79 de l’ONU pour la direction. Le système d’aspiration devra rester dans les limites de bruit, et la face avant anguleuse devra prouver sa compatibilité avec la protection des piétons. Les aides obligatoires depuis juillet 2024 (alerte de survitesse notamment) sont déjà prévues. Une homologation en petites séries (jusqu’à 1 500 véhicules par an dans l’Union européenne) reste possible, Tesla visant un volume mondial limité, comme toute bonne supercar.
En revanche, les propulseurs de la Thrust sortent du cadre réglementaire routier actuel. Aucune règle d’homologation n’existe pour ce type de système ; un recours à l’article 39 du règlement européen pour technologies nouvelles serait théoriquement possible, mais nécessiterait l’accord de la Commission européenne et une homologation provisoire nationale. Les réservoirs haute pression posent aussi des questions de sécurité. La Rocket, capable de voler, relève à la fois du Code de la route et de l’aviation civile : son usage sur voie publique est jugé impossible. Tesla n’a pour l’instant annoncé aucune démarche d’homologation européenne.
Les voitures électriques restent exonérées du malus au poids en 2026 et 2027, ce qui évite une taxe supplémentaire, mais cela ne résout pas les questions techniques et réglementaires des propulseurs.
Ce qu’il faut retenir pour la France
En pratique, le Roadster 2 qui pourra éventuellement rouler en France sera la version Performance, la plus « sage ». Les versions Thrust et Rocket s’adressent plutôt aux circuits ou aux aérodromes privés, sous réserve d’autorisations spécifiques. Tesla n’a pas encore lancé de processus d’homologation, et le calendrier 2028 reste lointain après plusieurs reports. Les réservations sont ouvertes, mais l’acompte élevé et l’absence de prix final ou de garantie d’homologation européenne en font un pari à long terme.
En tout cas, Elon Musk a réussi son pari et tenu ses promesses de 2018 :
SpaceX option package for new Tesla Roadster will include ~10 small rocket thrusters arranged seamlessly around car. These rocket engines dramatically improve acceleration, top speed, braking & cornering. Maybe they will even allow a Tesla to fly …
— Elon Musk (@elonmusk) June 9, 2018

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