Démarchage téléphonique : la France passe à l'interdiction par défaut
Alexandre Godard- Il y a 29 min
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Le démarchage téléphonique non sollicité sera interdit par défaut à partir du 11 août 2026. Une réforme qui tourne la page de Bloctel et promet de mieux protéger les consommateurs. Reste une question essentielle : l'État aura-t-il les moyens de faire respecter cette nouvelle règle ?
Interdire le démarchage téléphonique, c'est bien. Le faire respecter, c'est une autre histoire
150 000 signalements reçus par la DGCCRF en 2025 pour du démarchage abusif. Ce chiffre, à lui seul, résume l'échec de Bloctel et explique pourquoi le législateur a fini par changer complètement de méthode. À partir du 11 août 2026, un décret publié ce samedi au Journal officiel acte le basculement vers un système où l'appel commercial est interdit par défaut, sauf consentement explicite du consommateur. Sur le principe, la mesure est saluée. Sur le terrain, la question qui compte vraiment est de savoir qui va vérifier que la règle est appliquée.
Car la loi elle-même ne change rien aux moyens de contrôle. La DGCCRF, déjà submergée par les plaintes sous l'ancien régime, va devoir désormais évaluer non plus un simple statut d'inscription sur une liste, mais l'existence réelle d'un consentement, sa date, sa validité et la façon dont il a été recueilli. Un travail d'enquête bien plus lourd qu'un contrôle de fichier, pour une administration dont les effectifs n'ont pas été annoncés en hausse à la mesure de cette nouvelle charge.
Le seul levier réellement dissuasif introduit par le texte concerne les entreprises elles-mêmes : tout contrat signé à la suite d'un démarchage non consenti sera caduc. C'est un signal fort pour les sociétés françaises identifiables, qui risquent de perdre purement et simplement la vente conclue. Mais cette arme ne vaut que pour les acteurs traçables et solvables, ceux qui ont un intérêt commercial à rester dans les clous. Elle n'a aucune prise sur les centres d'appels étrangers ou les officines éphémères qui changent de numéro et de raison sociale au moindre signalement.
Le vrai test de cette réforme ne se jouera donc pas dans le texte du décret, mais dans les moyens humains et techniques que l'État sera prêt à mettre derrière. À défaut, l'histoire risque de se répéter : une bonne intention législative, contournée par ceux qui n'ont justement rien à perdre à l'ignorer.
Il y a donc de fortes chances que les appels indésirables et les numéros masqués continuent d'envahir notre quotidien, malgré cette réforme. Reste que cette évolution législative va dans le bon sens : elle montre que les pouvoirs publics ont pris la mesure d'un phénomène devenu particulièrement envahissant.
En attendant de voir si cette nouvelle réglementation sera réellement appliquée, plusieurs solutions permettent déjà de limiter ces sollicitations. Parmi elles, l'application Saracroche s'est imposée ces derniers mois comme l'une des plus populaires. Gratuite et développée en France, elle permet de bloquer efficacement un grand nombre d'appels indésirables.

















