Chat Control : des hackers menacent l'UE de cyberattaques massives
Alexandre Godard- Il y a 3 min
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Le projet européen Chat Control continue de diviser, mais le débat vient de franchir un nouveau cap. Un collectif de hackers menace désormais l'Union européenne de lancer des cyberattaques si le texte, qui prévoit un renforcement de l'analyse des communications privées, n'est pas abandonné.
Des hackers lancent un ultimatum à l'UE contre Chat Control
L'information circulant sur les réseaux sociaux est confirmée par plusieurs médias spécialisés en cybersécurité. Un collectif se faisant appeler LunarisSec a bien adressé un ultimatum public à l'Union européenne au sujet de Chat Control, ce dispositif controversé qui vise à autoriser ou imposer l'analyse des messages privés pour détecter des contenus pédocriminels.
Le groupe exige l'abandon définitif des deux versions du texte. La première, temporaire et en vigueur jusqu'en 2028, permet à des plateformes comme Gmail ou Messenger de scanner volontairement les messages non chiffrés. La seconde, encore en discussion, prévoit un cadre permanent qui toucherait cette fois les communications chiffrées de bout en bout, ce qui inquiète bien au-delà des cercles habituels de défenseurs de la vie privée.
LunarisSec réclame également une protection légale du chiffrement, davantage de transparence sur le partage des données entre institutions et la création d'un organisme indépendant pour surveiller les pratiques de collecte. Le collectif affirme avoir déjà repéré des failles dans des systèmes européens, une revendication qu'aucun acteur reconnu de la cybersécurité n'a pour l'instant pu vérifier techniquement.
Ce qui distingue cette affaire d'une simple déclaration en ligne, c'est qu'elle s'accompagne d'un précédent concret. Le même groupe revendique une opération ayant exposé les données personnelles de vingt-quatre eurodéputés et de plus de cent mille agents publics, en exploitant des vulnérabilités dans des bases numériques de l'État. Difficile donc de réduire cette menace à un simple coup de communication.
Le fond du débat reste inchangé depuis des mois (et même des années). D'un côté, la nécessité de lutter contre la diffusion de contenus pédocriminels en ligne. De l'autre, la crainte que la surveillance généralisée des messageries, même chiffrées, ouvre une brèche que des acteurs malveillants finiraient tôt ou tard par exploiter eux aussi. L'épisode LunarisSec illustre justement ce paradoxe : vouloir sécuriser les communications en fragilisant leur chiffrement peut aussi les rendre plus vulnérables.


















