DMA : l'Europe sanctionne Google d'une amende proche du milliard d'euros
Alexandre Godard- Il y a 4 min
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Après Apple, c'est au tour de Google d'être lourdement sanctionné au nom du Digital Markets Act. Avec une amende de 890 millions d'euros, Bruxelles envoie un nouveau signal aux géants du numérique : le temps de la simple mise en garde est terminé.
L'Europe inflige à Google sa première grosse amende DMA, Apple n'est plus seul sur le banc des accusés
Voilà qui ne devrait pas plaire à Donald Trump et au gouvernement américain de manière générale. Bruxelles vient de frapper fort. La Commission européenne a infligé à Google une amende totale de 890 millions d'euros pour deux violations distinctes du Digital Markets Act, le règlement censé discipliner les géants du numérique désignés « contrôleurs d'accès ». La première sanction, 460 millions d'euros, punit Google pour avoir favorisé ses propres services, Shopping, Hotels ou Flights, dans les résultats de recherche au détriment de ses concurrents. La seconde, 430 millions d'euros, vise les restrictions imposées aux développeurs sur Google Play, empêchés de rediriger librement leurs utilisateurs vers des offres moins chères en dehors de l'écosystème Google.
Ce qui rend cette décision intéressante pour qui suit l'actualité Apple, c'est la comparaison qu'elle invite forcément à faire. En avril 2025, Apple avait déjà écopé d'une amende de 200 millions d'euros dans le cadre du même règlement, pour des règles jugées trop restrictives sur l'App Store. Cette sanction faisait alors figure de record DMA. Un an plus tard, Google explose ce plafond avec une amende plus de quatre fois supérieure, sur un motif très proche : empêcher les développeurs de proposer des alternatives moins coûteuses à leurs utilisateurs. Les deux dossiers montrent que Bruxelles considère désormais le contournement des paiements internes comme une priorité d'application du DMA, quel que soit le fabricant visé.
Google avait été désigné contrôleur d'accès pour son moteur de recherche en septembre 2023, et l'enquête pour non-conformité avait démarré dès mars 2024. L'entreprise dispose maintenant de 60 jours pour se mettre en conformité, sous peine d'astreintes pouvant grimper jusqu'à 5 % de son chiffre d'affaires mondial quotidien, une menace autrement plus dissuasive que l'amende elle-même. Un appel devant le Tribunal de l'Union européenne reste possible, mais ce genre de procédure s'étale généralement sur deux à trois ans, largement après l'échéance de mise en conformité.
Reste que 890 millions d'euros représentent une somme presque anecdotique pour Alphabet, dont la capitalisation dépasse plusieurs milliers de milliards. La vraie pression ne vient donc pas du montant, mais de l'obligation de changer concrètement de pratiques sous surveillance européenne rapprochée.

















