DMA : des élus américains veulent que Trump ouvre un front contre l'Europe
Alexandre Godard- Il y a 5 min
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Le conflit autour du Digital Markets Act dépasse désormais les frontières européennes. Aux États-Unis, des élus républicains demandent à Donald Trump d'envisager une riposte commerciale contre Bruxelles, estimant que la réglementation vise trop fortement les géants américains de la tech.
Le DMA agace tellement Washington que des élus américains veulent que Trump s'en mêle directement
Voilà une situation qui ne manque pas de sel. Pendant qu'Apple continue de batailler devant la justice européenne pour desserrer l'étau du Digital Markets Act, une partie du Congrès américain a décidé de porter le combat sur un tout autre terrain : celui du commerce international. Vingt-cinq élus républicains, dont plusieurs membres influents de la sous-commission du Commerce à la Chambre des représentants, ont adressé une lettre au président Donald Trump pour lui demander d'ouvrir une enquête commerciale contre l'Union européenne.
Leur cible n'est pas nouvelle : le DMA et sa liste de "contrôleurs d'accès" parmi lesquels figurent Apple, Amazon et Meta. Ce qui change, c'est la méthode envisagée. Les signataires proposent de dégainer la Section 301 du Trade Act de 1974, un texte qui a déjà servi de base légale aux droits de douane imposés à la Chine lors du premier mandat de Trump. L'argument avancé est celui d'un traitement à double vitesse : les géants chinois du commerce en ligne, moins exposés du fait de seuils d'utilisateurs européens plus bas, échapperaient à des contraintes que subissent leurs concurrents américains.
Pour un lecteur français, l'ironie est difficile à ignorer. C'est justement à cause du DMA que Siri AI restera absente du territoire européen cet automne, alors que le reste du monde en profitera. C'est aussi ce texte qui a poussé Apple à ouvrir, très timidement, des boutiques d'applications alternatives sur le continent. Bruxelles, par la voix de son porte-parole, campe sur sa position : réguler l'activité économique sur son propre sol relève de sa souveraineté, un principe qui ne devrait surprendre personne.
Reste à savoir si cette lettre suffira à convaincre un président déjà connu pour son goût des mesures tarifaires. Si Washington venait à agir, les prochains mois pourraient rebattre les cartes d'un contentieux qui, jusqu'ici, se jouait presque exclusivement à Bruxelles.
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