La France coupe l'accès à Polymarket : une mesure excessive ?
Alexandre Godard- Il y a 45 min
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La France a officiellement bloqué l'accès à Polymarket. Une décision justifiée par l'Autorité nationale des jeux, mais qui relance le débat sur la frontière entre plateforme de paris et outil d'information.
Polymarket totalement bloqué en France : une décision trop excessive ?
Depuis le 16 juillet, Polymarket n'est officiellement plus accessible depuis la France. L'Autorité nationale des jeux a ordonné aux fournisseurs d'accès d'en couper purement et simplement l'accès, estimant qu'un simple blocage des transactions ne suffisait plus à empêcher la plateforme de faire, selon elle, la promotion d'une offre de paris illégale. Rien qu'en juin, le site avait pourtant enregistré près de 579 000 visites et plus de 200 000 visiteurs uniques depuis l'Hexagone, preuve que l'intérêt du public ne faiblissait pas.
Le problème, c'est que Polymarket n'est pas qu'un simple site de paris. C'est devenu, qu'on le veuille ou non, un baromètre suivi par des médias et des analystes du monde entier pour anticiper l'issue d'élections, de conflits ou d'événements économiques majeurs, avec un historique de prédictions parfois plus fiable que les sondages traditionnels. En coupant l'accès à la page d'accueil elle-même, qui se contente d'afficher des cotes en temps réel sans permettre de miser depuis la France, l'ANJ prive aussi les internautes français d'une source d'information suivie ailleurs sans considération de frontières.
C'est un schéma que l'on retrouve trop souvent dans la manière dont la France, et plus largement l'Union européenne, aborde les innovations venues d'ailleurs. Interdire avant d'expliquer, bloquer avant de nuancer les usages, plutôt que de distinguer clairement le pari financier, légitimement encadré, de la simple consultation d'un indicateur d'opinion mondial. Le résultat, c'est une mesure qui pénalise davantage les curieux et les professionnels de l'information que les parieurs aguerris, qui trouveront de toute façon un VPN en quelques secondes.
Cela dit, l'ANJ ne dégaine pas sans arguments. Le régulateur pointe l'absence totale de vérification d'identité sur la plateforme, des soupçons de manipulation de certains marchés de prédiction, et un risque réel d'exposition au jeu compulsif pour un public non averti. Ces inquiétudes sont légitimes. Mais elles auraient sans doute mérité un encadrement plus fin qu'un blocage brutal et total du site.

















