On a testé le robot-taxi sans chauffeur de Waymo à Los Angeles
- 👨 Alexandre Godard
- Il y a 1 heure
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Les taxis autonomes à Los Angeles
Lorsque j’ai planifié mon récent voyage à Los Angeles, je savais que l’une des attractions les plus futuristes de la ville n’était pas un musée ni un studio hollywoodien, mais bien les robot-taxis de Waymo. Impossible de vivre cette expérience en France (du moins pas encore), alors autant en profiter sur place.
Commander le robot-taxi : une appli, un clic
Tout commence avec l’application Waymo One, disponible sur iOS et Android, mais uniquement via les stores américains — ce qui m’a obligé à utiliser un compte américain pour la télécharger.
Une fois l’appli ouverte, on entre sa destination — comme avec Uber ou Lyft — et on confirme la course. Dans mon cas, après confirmation, l’attente a été d’environ 8 minutes avant qu’un véhicule arrive. Ce n’est pas instantané, mais très raisonnable pour une technologie aussi novatrice.
La voiture : luxe, silence… et autonomie
Ce qui nous a récupérés, c’était une Jaguar I-PACE full options, électrique, élégante, avec tous les capteurs visibles sur le toit et le pare-chocs : le look de voiture du futur. Waymo utilise justement ce modèle dans sa flotte.
En montant, l’atmosphère est étrange : pas de chauffeur, un siège avant vide, un volant — mais on se demande presque si quelqu’un va apparaître. C’est la première fois que l’on se demande si la voiture « va vraiment conduire toute seule ».
Le trajet : une conduite sans accroc (même avec un coup de klaxon)
Et pourtant, tout se passe parfaitement. Le trajet s’effectue sans heurt : la voiture négocie les rues, ralentit, accélère, tourne, comme un pilote expérimenté mais sans humain derrière le volant.
On s’est même fait klaxonner une fois — un automobiliste impatient, sans doute — mais l’avantage quand il n’y a pas de chauffeur, c’est que personne ne s’énerve vraiment : il n’y a pas de réaction, pas de colère, juste un bip sonore, et la voiture poursuit son chemin.
Ambiance à bord : musique, IA et discussions
À l’intérieur, le confort est réel : j’ai pu choisir ma musique (qualité sonore très bonne), régler la température, prendre un moment pour admirer les détails de l’habitacle. Et même : discuter avec l’intelligence artificielle embarquée ! L’IA pose des questions, peut engager une conversation basique, et rend l’expérience moins “silencieuse et froide” qu’on pourrait le craindre.
Le prix : “à l’image de Los Angeles”
Le tarif m’a surpris : ce n’est pas donné, mais loin d’être extravagant. Waymo est plus cher que certains services de VTC classiques, mais pas à un niveau inaccessible. Selon des études, les trajets Waymo coûtent plus que Lyft ou Uber “traditionnels”, mais les utilisateurs semblent prêts à payer un supplément pour le confort, la technologie et l’absence de chauffeur.
Il y a donc un équilibre : une expérience haut de gamme, mais pas élitiste.
Une technologie mûre… mais très dépendante du contexte
Il faut souligner que ce service fonctionne dans un type de ville très spécifique. Los Angeles, avec ses larges avenues, ses rues bien cartographiées et son urbanisme étalé, est un terrain idéal pour les véhicules autonomes. Ce n’est pas un hasard si Waymo opère ici (et pas encore dans beaucoup de villes américaines).
À Paris, par exemple, avec ses rues plus étroites, ses piétons, ses cyclistes, ses intersections complexes, un service autonome sans intervention humaine serait beaucoup plus difficile à déployer de manière sûre. Voire clairement impossible.
Sécurité et fiabilité
Sur le plan de la sécurité, Waymo fait des paris sérieux : selon des recherches, son système autonome (niveau SAE 4) affiche des taux d’accidents bien inférieurs à ceux des conducteurs humains. Et malgré la technologie, l’expérience à bord est d’une grande sérénité.
Et les limites ?
Le service Waymo à Los Angeles reste pour l’instant limité à une zone restreinte : il ne couvre pas l’ensemble de la ville et n’intègre pas encore les autoroutes pour tous les trajets. La société commence toutefois à expérimenter la conduite sur autoroute, mais uniquement dans le cadre de tests réalisés avec ses propres employés dans un premier temps.
Mon verdict
Faire ce trajet avec un robot-taxi Waymo, c’est un peu comme avoir une expérience de science-fiction, mais rendue très tangible : une balade dans une Jaguar autonome, sans chauffeur, sans stress, avec la musique que vous aimez et une IA comme copilote. Ce n’est pas parfait, mais c’est réel, sécuritaire et accessible.
Pour un voyageur comme moi, c’était une petite immersion dans le futur de la mobilité — un futur que l’on a encore beaucoup de mal à voir en France, mais qui, à Los Angeles, roule déjà… sans personne derrière le volant.