La France abandonne Windows au profit de Linux pour protéger sa souveraineté numérique
Alexandre Godard- À l'instant
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La France amorce un virage stratégique en envisageant de remplacer progressivement Windows par Linux au sein de certaines administrations. Derrière ce choix technique se joue une dimension stratégique à savoir renforcer la souveraineté numérique face à la dépendance aux géants étrangers, notamment Microsoft.
La France tourne le dos à Windows et passe à Linux pour protéger sa souveraineté numérique
Le gouvernement français vient d’annoncer une décision qui pourrait bien marquer un tournant dans la relation entre l’État et les géants américains de la tech : une migration progressive de certains ordinateurs gouvernementaux de Windows vers Linux. Derrière cette annonce se cache une question bien plus large que celle d’un simple changement de système d’exploitation.
Le ministre du numérique David Amiel a expliqué que l’objectif est de “reprendre le contrôle de notre destin numérique”. La formule est forte, et elle traduit une réalité que beaucoup d’observateurs évoquent depuis des années. La France, comme la majorité des États européens, confie depuis longtemps une part considérable de son infrastructure informatique à des entreprises étrangères, en premier lieu américaines. Données, communications, outils de travail collaboratif… la dépendance est profonde.
La migration débutera par les postes de travail de la DINUM, la direction interministérielle du numérique. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, et la question des distributions Linux retenues reste ouverte. L’État dispose sur ce point d’une flexibilité qu’il n’a jamais eue avec Windows : le logiciel libre permet d’adapter, d’auditer et de modifier le code source selon ses propres besoins, sans dépendre d’un éditeur dont les décisions stratégiques échappent totalement au contrôle public.
Cette annonce ne sort pas du néant. En janvier dernier, la France avait déjà renoncé à Microsoft Teams au profit de Visio, un outil souverain fondé sur la technologie open source Jitsi. Une migration des données de santé vers une plateforme de confiance est également prévue d’ici la fin de l’année. Le mouvement de fond est donc bien engagé, et il s’inscrit dans une dynamique européenne plus large : en janvier, le Parlement européen a voté en faveur d’un rapport demandant à la Commission d’identifier les secteurs où l’UE peut réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers.
Pour les gouvernements européens, laisser une telle prise sur leur propre fonctionnement relève désormais d’un risque inacceptable. La technologie est devenue un levier de pression géopolitique, et Linux représente une réponse concrète. Mieux vaut tard que jamais.














