France Travail utilise l'IA pour détecter les chômeurs "suspects"

France Travail expérimente un nouvel outil d’intelligence artificielle destiné à orienter les contrôles de recherche d’emploi. Un système qui soulève ben évidemment des questions sur le profilage automatisé des demandeurs d’emploi et la transparence des algorithmes utilisés.

France Travail utilise l'IA pour détecter les chômeurs "suspects"

L'information vient d'un document interne révélé par La Quadrature du Net, en partenariat avec la cellule investigation de Radio France. Ce document, présenté le 10 décembre dernier au comité d'éthique IA de France Travail, décrit un outil baptisé "Ciblage du Contrôle de la Recherche d'Emploi", actuellement en phase de test.

Le principe est simple à décrire, mais lourd de conséquences. L'algorithme s'appuie sur un arbre de décision entraîné à partir de 60 000 contrôles passés, et classe chaque personne inscrite à France Travail dans l'une de deux catégories : "suspecte" ou "non suspecte". Celles et ceux jugés suspects se retrouvent alors sur une liste prioritaire de contrôle. Vingt-six variables entrent en jeu dans ce calcul, parmi lesquelles l'ancienneté d'inscription, l'historique des manquements ou encore la présence d'une activité non salariée.

Pour l'instant, l'outil n'a été testé que sur des personnes ayant connu une rupture conventionnelle, à travers deux campagnes portant sur environ 7 000 dossiers chacune. Mais France Travail affiche une ambition bien plus large : étendre le modèle à d'autres publics et générer chaque mois des listes de contrôle automatisées. Avec l'inscription obligatoire des bénéficiaires du RSA depuis janvier 2026, ce sont potentiellement plus de six millions de personnes qui pourraient être concernées.

Ce type d'outil n'est pas une nouveauté isolée. La CNAF et l'Assurance maladie ont déjà fait l'objet de révélations similaires ces dernières années, avec à chaque fois le même scénario : un algorithme présenté comme neutre et objectif, une opacité totale sur son fonctionnement réel, et un accès au code source obtenu uniquement après de longues batailles juridiques, voire par accident. France Travail semble suivre exactement le même chemin, en refusant jusqu'ici toute communication sur le code de ses différents outils d'intelligence artificielle, y compris ceux déjà déployés auprès de ses usagers et de ses conseillers.

Ce qui interroge, au-delà du cas précis de France Travail, c'est la répétition du même schéma d'une institution sociale à l'autre. Une fois qu'un premier organisme a testé et normalisé ce type de profilage automatisé, les suivants semblent s'y engager avec de moins en moins de résistance interne, et de plus en plus de moyens.

11 réactions

Stevenmtl - iPhone

@Pseudonain
oui l'erreur humaine permettait a quelques uns de s'en sortir, là on aura un fonctionnement très égal en nivelant au plus bas.

21/07/2026 à 15h07

Stevenmtl - iPhone

le meilleur moyen pour nommer qu'on a diminué le chômage, c'est de virer le maximum de gens du système. on s'en fou de savoir qui crève de faim et les gens qui travaille on besoin d'un système punitif pour tout ces gens qui ne travail pas. quand on va mal et qu'on est tanné de tout, ça nous prend des victimes a mettre au sol qu'on pourra piétiner si besoin. quel monde pourrit franchement

21/07/2026 à 15h05

Pseudonain - iPhone

Arbres de décision c’est pas de l’IA, ça existait déjà avant l’avènement de l’informatique… c’est facile de se décharger sur l’IA mais la on parle juste de la digitalisation d’un processus qui était déjà effectué par des humain. Donc oui digitalisation égal plus d’efficacité et donc plus de contrôle mais c’est pas une révolution non plus

21/07/2026 à 14h22

Hero974 - iPhone premium

@Wilou
On peut faire plus qu’avec 0 déjà, ou alors suffit de travailler

21/07/2026 à 11h17

Hero974 - iPhone premium

Bonne nouvelle !!

21/07/2026 à 11h17

Someone somewhere - iPhone premium

@tmmhr
Tout à fait d’accord, je trouve même ça très bien de perfectionner la recherche de certaines personnes qui profitent du système (je parle uniquement de ceux qui fraudent, ceux qui touchent le chômage avec la volonté de ne pas retravailler ou ceux qui le touche en ayant un travail non déclaré). J’espère que ça sera généraliser pour l’assurance maladie où les fraudes sont encore plus répandues.

21/07/2026 à 10h11

Kisame - iPhone

@Wilou
Pour certains le rsa c’est un complément de salaire vu que la plupart travaille au black

21/07/2026 à 07h45

Wilou - iPhone

@911po
Le RSA n’est pas du chômage … et on ne peux strictement rien faire avec 450€ par mois…

21/07/2026 à 07h33

911po - iPhone premium

Le bon moyen pour faire travailler les chômeurs c’est de couper le rsa comme en Italie 👍

21/07/2026 à 06h46

tmmhr - iPhone premium

Je ne trouve pas ça choquant, il vaut mieux que le personnel se concentre et passe du temps à aider les personnes qui recherchent réellement du travail plutôt que sur ceux qui fraudent volontairement.

21/07/2026 à 06h38

Gansta972 - iPhone

Il fallait s’y attendre. Ce genre de dispositif sera normalisé. L’IA nous envahit de plus en plus.

21/07/2026 à 03h38

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