iOS 27 : Siri IA tournera-t-il vraiment sur les serveurs de Google ?
Nadim Lefebvre- Il y a 1 heure
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L'annonce du partenariat entre Apple et Google pour l'IA a déjà fait couler beaucoup d'encre, mais une information capitale est passée relativement inaperçue : le futur chatbot Siri d'iOS 27 pourrait fonctionner directement sur les serveurs de Google, et non sur l'infrastructure Private Cloud Compute tant vantée par Apple. Un revirement stratégique qui soulève autant de questions techniques que philosophiques.
Un compromis technique nécessaire mais révélateur
La raison de ce changement est avant tout pragmatique. Les modèles Gemini 3 que souhaite utiliser Apple pour transformer Siri en véritable assistant conversationnel exigent une puissance de calcul colossale. L'infrastructure Private Cloud Compute, pourtant présentée comme une innovation majeure lors de la WWDC 2024, ne peut tout simplement pas suivre la cadence. Apple se retrouve face à un dilemme : retarder le déploiement de son chatbot pour développer ses propres capacités, ou s'appuyer sur les TPU (Tensor Processing Units) de Google qui sont spécifiquement optimisés pour ces charges de travail d'IA.
Ce choix révèle une certaine réalité du marché : même Apple, avec ses ressources considérables, ne peut pas tout maîtriser de bout en bout. L'entreprise a construit son image sur le contrôle total de sa chaîne de production, du matériel au logiciel. Déléguer le traitement de conversations potentiellement sensibles à un concurrent direct constitue un aveu tacite que la course à l'IA impose des compromis inédits. D'autant plus que Google tire une partie de ses revenus de la publicité ciblée basée sur les données utilisateurs, ce qui crée une tension évidente avec le positionnement d'Apple.
La vie privée entre promesses et zones d'ombre
Apple assure que les données utilisateurs resteront protégées, même en transitant par les serveurs de Google. L'entreprise met en avant son expérience avec iCloud, dont certaines composantes reposent déjà sur Amazon Web Services et Google Cloud Platform depuis des années, sans que cela ne compromette le chiffrement. Apple conserverait les clés de chiffrement et négocierait des clauses strictes empêchant Google de journaliser ou exploiter ces données.
Mais la réalité est plus nuancée. Le Private Cloud Compute avait été conçu comme une extension de la bulle de confidentialité de l'iPhone vers le cloud, avec des garanties vérifiables. Passer par Google, même avec des accords contractuels, introduit un tiers dans l'équation. Les utilisateurs devront faire confiance non plus à une seule entreprise, mais à deux acteurs dont les intérêts sont parfois divergents. Et les détails techniques précis restent flous : durée de rétention des données, possibilité de désactiver ces fonctionnalités, transparence sur les flux d'informations.
Une stratégie sous pression
Cette évolution témoigne d'un Apple contraint de s'adapter rapidement. Après avoir initialement minimisé l'intérêt des chatbots, la firme de Cupertino doit désormais rattraper son retard face au succès de ChatGPT et autres services similaires. Le pragmatisme l'emporte sur l'idéalisme affiché précédemment. Craig Federighi et Mike Rockwell, aux commandes de cette nouvelle stratégie Siri, semblent avoir choisi la voie de la rapidité d'exécution plutôt que celle de l'indépendance totale.
Reste à voir comment les utilisateurs réagiront à cette dépendance accrue envers Google, alors même qu'Apple doit déjà verser plusieurs milliards annuellement au géant de Mountain View pour rester le moteur de recherche par défaut sur Safari. Le pari d'Apple est que la qualité de l'expérience compensera peut-être ces concessions techniques et philosophiques.

















