Comment Steve Jobs a harcelé le créateur de Siri pour le racheter en 2010
- 👨 Alexandre Godard
- Il y a 2 heures
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Steve Jobs a appelé le créateur de Siri 24 jours de suite pour le convaincre de vendre
En 2010, Dag Kittlaus et ses cofondateurs avaient une vision ambitieuse : créer un moteur capable de parler à internet et de tout gérer à la place de l’utilisateur. Leur application Siri, disponible sur l’App Store, permettait déjà de réserver un restaurant, de trouver un cinéma ou d’appeler un taxi. Mais personne n’imaginait alors ce que Steve Jobs allait en faire.
Dès qu’il l’eut entre les mains, le fondateur d’Apple fut immédiatement conquis. Il ne voyait pas simplement une application pratique, mais ce qui pourrait devenir l’interface principale de tous ses appareils. La rencontre fut rapide : Jobs invita Kittlaus et son équipe chez lui pour une discussion de trois heures, au terme de laquelle il formula une offre de rachat.
Kittlaus refusa. Construire Siri de façon indépendante était toujours le plan, et l’idée de céder la startup ne faisait pas partie des projets. Jobs encaissa le refus, raccrocha, et rappela le lendemain. Puis le surlendemain. Puis le jour d’après. Pendant vingt-quatre jours consécutifs, le patron d’Apple multiplia les appels, usant de persuasion jusqu’à l’épuisement de la résistance de Kittlaus.
Le fondateur finit par céder. Apple racheta Siri au printemps 2010, et Jobs en fit immédiatement une priorité absolue de développement. Kittlaus se souvient de réunions hebdomadaires en tête à tête avec lui, qui ne prirent fin que lorsque l’état de santé de Jobs ne lui permit plus d’y assister.
L’ironie de l’histoire est connue : Siri, présentée en grande pompe lors du lancement de l’iPhone 4S en octobre 2011, quelques jours après la mort de Jobs, n’a jamais vraiment répondu aux ambitions initiales de son créateur. Ce moteur universel capable de tout gérer reste, quinze ans plus tard, encore à inventer. L'intelligence artificielle via iOS 27 pourrait enfin transformer Siri comme Steve Jobs l'imaginait à l'époque.