Le DOJ exige qu’Apple révèle l’identité de 100 000 utilisateurs d’une app automobile
Alexandre Godard- À l'instant
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Le gouvernement américain veut accéder aux données de plus de 100 000 utilisateurs d’une application automobile accusée de contourner les normes antipollution. Une affaire sensible qui pourrait redéfinir les limites de la surveillance des utilisateurs via les App Store.
Une application pour contourner illégalement les normes anti-pollution
Le Department of Justice américain vient de franchir une nouvelle étape dans son bras de fer avec les géants de la tech. Dans le cadre d’une affaire liée à la fraude aux normes antipollution, le gouvernement américain a adressé des citations à comparaître à Apple, Google, Amazon et Walmart pour obtenir les données personnelles de plus de 100 000 utilisateurs d’une application de tuning automobile.
L’application visée s’appelle EZ Lynk Auto Agent. Développée par une société basée aux îles Caïmans, elle permet de connecter un smartphone à un véhicule via un dongle branché sur le port de diagnostic embarqué (OBD), afin de modifier les paramètres logiciels du moteur. Le DOJ poursuit EZ Lynk depuis 2021 pour violation du Clean Air Act, estimant que l’app facilite l’installation de « defeat devices », ces outils conçus pour désactiver les systèmes de contrôle des émissions polluantes sur les véhicules diesel. EZ Lynk conteste cette qualification, affirmant que son produit sert avant tout au diagnostic, aux mises à jour logicielles et à la surveillance des performances.
Les citations à comparaître ont été émises entre mars et avril 2026. Apple et Google sont sommés de fournir noms, adresses et historiques de téléchargement de chaque utilisateur ayant installé l’application. Amazon et Walmart reçoivent une demande similaire concernant les acheteurs du dongle physique. Le gouvernement justifie cette démarche par la nécessité d’identifier des témoins capables d’attester de l’usage réel de la technologie.
Le problème est l’ampleur inédite de la requête. Selon les avocats d’EZ Lynk, cités dans une lettre déposée auprès du tribunal, Apple et Google s’apprêtent à contester les citations. Des organisations de défense des libertés numériques comme l’EFF et l’EPIC ont également tiré la sonnette d’alarme, soulignant que de nombreux utilisateurs ont pu télécharger l’app pour des usages parfaitement légaux, sans lien avec la fraude aux émissions.
L’affaire pourrait faire jurisprudence sur la capacité du gouvernement à utiliser les données des App Store comme outil d’enquête réglementaire à grande échelle.
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