Le pass Navigo sur iPhone menacé de disparition cet été
Alexandre Godard- À l'instant
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C'est ridicule, c'est français, mais c'est une fois de plus bien réel... Si le gouvernement ne fait pas le nécessaire d'ici cet été, le pass Navigo pourrait ne plus être disponible sur iPhone à la rentrée 2026. Explications.
3 mois pour éviter une situation embarrassante
Deux ans après son lancement en pleine effervescence des Jeux olympiques de Paris, le pass Navigo dans l’application Cartes de l’iPhone pourrait s’arrêter net. La faute à une décision réglementaire qui risque de transformer un achat fluide en véritable parcours du combattant.
Tout commence le 18 février 2026. L’Autorité de Régulation des Transports (ART), saisie par les filiales numériques de la RATP et de la SNCF, rend deux décisions visant à rétablir une équité de distribution entre les applications tierces et l’app officielle d’Île-de-France Mobilités. Le problème : l’ART y traite Apple comme un distributeur de titres de transport à part entière, soumis aux mêmes obligations que RATP Smart Systems ou SNCF Connect. Une interprétation que conteste fermement Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, dans un message LinkedIn publié le 19 mai.
La date butoir est fixée au 20 août 2026. Sans modification de la loi avant l’été, Apple devrait revoir entièrement le parcours d’achat dans son application Cartes. Concrètement, l’utilisateur serait redirigé vers l’App Store pour télécharger l’application du transporteur, y créer un compte, y enregistrer sa carte bancaire, puis acheter son titre, lequel remonterait enfin dans Cartes. Un aller-retour absurde pour remplacer ce qui prend aujourd’hui trois secondes et un Face ID.
L’enjeu est considérable : un achat sur quatre de titres Navigo passe désormais par l’iPhone, soit des millions de transactions chaque mois depuis 2024. Supprimer ce circuit reviendrait à exclure une part massive des usagers du mode d’achat qu’ils ont spontanément adopté.
La solution existe. Le Sénat a voté en avril 2026 un amendement reconnaissant Apple comme apporteur de solutions digitales et non comme opérateur de transport. Il appartient désormais à l’Assemblée nationale de l’approuver avant la suspension estivale. Le ministre des Transports Philippe Tabarot s’est dit favorable, mais Pécresse monte d’un cran et interpelle directement le président de la République et le Premier ministre.
Ce bras de fer illustre un problème structurel français : les cadres juridiques n’anticipent pas les usages numériques, laissant des millions d’utilisateurs pris en otage le temps que les institutions rattrapent la réalité.



















