AMI : L'État français prépare sa propre "super app"
Alexandre Godard- À l'instant
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L'administration française prépare une nouvelle étape de sa transformation numérique. Baptisée AMI, cette application mobile ambitionne de centraliser un ensemble de démarches administratives dans une interface unique.
AMI : un lancement dès cet automne ?
C'est au tour de l'administration française de miser sur l'application unique. Baptisée AMI, pour Application mobile interministérielle, elle doit regrouper d'ici octobre l'ensemble des démarches numériques aujourd'hui éparpillées entre impôts, carte grise, procuration ou déclaration de perte de papiers. Le projet est piloté conjointement par la direction interministérielle du numérique et la direction de l'information légale et administrative, et s'appuie sur une équipe de développement rattachée au programme beta.gouv.fr, dont les travaux sont d'ailleurs publiés en open source sur GitHub.
Techniquement, l'application ne réinvente rien : elle vient se brancher sur les démarches déjà disponibles sur Service-public.fr et s'appuie sur FranceConnect pour l'identification. La vraie nouveauté tient à l'expérience proposée. Une fois connecté, l'utilisateur retrouve un tableau de bord unique avec suivi en temps réel de ses démarches, notifications push lorsqu'un dossier avance, et formulaires préremplis grâce aux informations déjà transmises à d'autres administrations. Un système de recommandations contextuelles, basé notamment sur la localisation, doit aussi orienter l'usager vers les bons interlocuteurs en cas de déménagement ou de changement de situation.
Sur le volet sécurité, un choix technique mérite d'être noté : les données sensibles seraient stockées localement sur l'appareil plutôt que centralisées sur des serveurs, une approche qui limite mécaniquement la surface d'exposition en cas de faille côté administration. Et Dieu sait qu'il y en a beaucoup ces derniers temps… Reste à voir comment ce stockage local se traduira concrètement sur iOS, entre contraintes du bac à sable applicatif d'Apple et exigences de synchronisation entre appareils.
La France n'invente pas non plus le concept à l'échelle européenne : l'Estonie, les Pays-Bas ou l'Ukraine disposent déjà de leur propre application administrative centralisée, souvent citées en référence pour leur adoption massive. Après une phase alpha lancée en janvier et des tests menés avec quelques administrations pilotes comme Cybermalveillance.gouv ou Ma Sécurité, une ouverture aux professionnels via ProConnect est envisagée pour 2027, mais seulement une fois la version grand public stabilisée.
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