Le Figaro et L'Équipe réclament 70 millions d'euros à Apple dans l'affaire ATT
Alexandre Godard- À l'instant
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Apple fait face à une nouvelle offensive judiciaire en France autour de son dispositif App Tracking Transparency (ATT). Après l'amende infligée par l'Autorité de la concurrence, plusieurs acteurs, dont Le Figaro, L'Équipe et Adikteev, réclament désormais plus de 130 millions d'euros de dommages et intérêts.
Apple face à la presse française : la facture ATT s'élève déjà à 131,5 millions d'euros
Le dossier App Tracking Transparency continue de s'épaissir pour Apple en France. Le Figaro, L'Équipe et la société publicitaire Adikteev ont chacun saisi le Tribunal des activités économiques de Paris pour obtenir réparation, avec des demandes qui s'échelonnent de 19,5 millions d'euros pour le premier à 47 millions pour le second et jusqu'à 65 millions pour Adikteev.
Ce qui frappe dans cette affaire, c'est la manière dont trois acteurs aux intérêts pourtant différents, deux éditeurs de presse d'un côté, une entreprise de ciblage publicitaire de l'autre, se retrouvent unis contre le même mécanisme. Leur argument commun repose sur un déséquilibre simple à comprendre : quand une application tierce veut afficher une publicité personnalisée, l'utilisateur doit valider deux fenêtres de consentement successives, celle d'ATT puis celle de l'éditeur. Apple, elle, ne s'impose pas cette double barrière pour ses propres régies publicitaires.
Ce raisonnement n'est pas nouveau, mais il gagne en poids judiciaire depuis que l'Autorité de la concurrence a tranché en mars 2025 en sanctionnant Apple à hauteur de 150 millions d'euros pour ce même motif. Les trois plaignants s'appuient directement sur cette décision pour construire leur propre demande de dommages et intérêts.
Le calendrier judiciaire révèle aussi des tensions stratégiques. Adikteev a plaidé début juillet pour un report du jugement, quand Le Figaro et L'Équipe ont au contraire réclamé la semaine suivante que la procédure avance sans attendre. Un retard prolongerait l'incertitude pour des groupes de presse déjà sous pression économique.
Le précédent le plus révélateur reste peut-être celui de Google, condamné il y a quelques semaines à 126 millions d'euros envers plusieurs médias français pour des pratiques publicitaires jugées anticoncurrentielles. La presse hexagonale semble avoir trouvé, dans les prétoires, un levier efficace pour faire payer aux géants de la tech le prix de leurs positions dominantes sur la publicité mobile.
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