WebKit : les règles d’Apple grèvent les performances des navigateurs tiers sur iOS
- 👨 Alban Martin
- Il y a 3 heures
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Des résultats très clairs
Kyle Pflug, responsable produit chez Microsoft Edge, a testé un prototype de Edge basé sur Blink (le moteur de Chromium) via le framework BrowserEngineKit d’Apple sur iOS 26.5.1.
Résultats sur un même iPhone :
| Benchmark | Safari | Edge Blink Prototype | Gain |
|---|---|---|---|
| Speedometer 3.1 | 38,3 | 49,27 | +28,6 % |
| JetStream 3 | 270,9 | 306,35 | +13,1 % |
| MotionMark 1.3.1 | 4 673,68 | 4 773,52 | +2,1 % |
Ces chiffres, bien que préliminaires, montrent un écart significatif, particulièrement sur Speedometer 3.1, le benchmark le plus représentatif de la fluidité web quotidienne.
Pourquoi cette différence ?
Sur iOS, Apple impose à tous les navigateurs (Chrome, Firefox, Edge, etc.) d’utiliser WebKit, le moteur de Safari. Ils ne sont en réalité que des « habillages » de Safari. Le Digital Markets Act européen (DMA) oblige théoriquement Apple depuis mars 2024 à autoriser d’autres moteurs web. Pourtant, plus de deux ans plus tard, aucun navigateur alternatif n’a encore été publié sur l’App Store.
À l'instar de Microsoft avec Edge, Google et Mozilla ont prototypé des versions de leurs navigateurs respectifs pour iOS depuis 2023, basées respectivement sur Blink et Gecko. Cependant, aucun navigateur de ce type n'a été commercialisé.
Cela s'explique peut-être par le fait que la création d'un nouveau navigateur implique de surmonter des obstacles techniques considérables qu'Apple n'a pas cherché à résoudre rapidement, comme les bugs de BrowserEngineKit. Les développeurs de navigateurs jugent donc le processus de mise en conformité avec les règles d'Apple trop contraignant. Par exemple, si Microsoft devait publier une version d'Edge basée sur Blink sur iOS, il faudrait la proposer comme une application distincte de la version d'Edge basée sur WebKit, obligeant ainsi la société de Redmond à reconquérir l'intégralité de sa base d'utilisateurs iOS.
Les conséquences pour les utilisateurs
Selon l’Open Web Advocacy, cette restriction coûte aux utilisateurs iOS près de 30 % de performances depuis 17 ans. En forçant WebKit, Apple limite les capacités du web mobile, pousse les entreprises à développer des applications natives et maintient son contrôle total via l’App Store.
Ce qu'il faut retenir :
- Les navigateurs basés sur Chromium pourraient être nettement plus rapides sur iPhone.
- La lenteur actuelle de Safari n’est pas uniquement technique, elle est aussi structurelle.
- Le DMA n’a pour l’instant pas changé grand-chose dans les faits.
Ces résultats relancent le débat sur l’ouverture réelle d’iOS. Tant qu’Apple maintiendra son monopole sur le moteur de rendu, les utilisateurs iPhone continueront de payer un « Apple Tax » en termes de performances web.Espérons que la Commission européenne pousse Apple à vraiment ouvrir le système, comme elle l’avait promis avec le DMA.Qu’en pensez-vous ?