La stratégie de Craig Federighi pour l'IA chez Apple serait la bonne

Apple a restructuré sa stratégie en intelligence artificielle sous la direction de Craig Federighi, responsable logiciel, accélérant les plans de refonte de Siri en s'appuyant davantage sur des modèles externes après des années de retards internes et de frictions organisationnelles. De bon augure pour les clients en cette nouvelle année 2026 qui verra notamment iOS 26.4 puis iOS 27 apporter un énorme coup de frais sur ce point.

Une approche un peu moins prudente

Selon un rapport fleuve de The Information, l'approche d'Apple en IA a connu un virage majeur au cours de l'année écoulée. Federighi est au cœur de ce changement : il a pris le contrôle direct de l'organisation IA et pilote désormais les décisions qui façonneront l'avenir de Siri et des fonctionnalités Apple Intelligence sur l'ensemble des produits.

À l'automne dernier, lors d'une réunion conjointe des équipes logiciel et IA, Federighi a exprimé son enthousiasme pour une collaboration renforcée, tout en manifestant sa frustration face à la lenteur des progrès en IA. Certains membres de l'équipe des modèles de fondation y ont vu une critique directe de leur travail.En décembre, Apple a consolidé la direction IA sous Federighi, achevant une transition entamée plus tôt lorsque la responsabilité de Siri a été retirée du groupe IA pour être placée sous sa division logiciel.

Plus tôt ce mois-ci, Apple a annoncé l'intégration des modèles Gemini de Google pour alimenter les futures améliorations IA, dont une version nettement améliorée de Siri. Pour Federighi, ce recours à un modèle tiers permettra enfin de lancer la nouvelle Siri d'ici la fin de l'année, après le report controversé prévu initialement pour 2025.

Le rapport souligne toutefois des inquiétudes internes sur le style de Federighi. Des proches le décrivent comme très soucieux des coûts et sceptique face aux investissements à retours incertains - un contraste marqué avec OpenAI, Meta et Google, qui dépensent des dizaines de milliards en centres de données, puces et chercheurs (ce qui pourrait engendrer la fermeture d'OpenAI d'ici deux ans selon certains analystes).

Apple limite volontairement ses dépenses d'infrastructure en privilégiant le traitement sur l'appareil et son système Private Cloud Compute basé sur ses puces. La société parie sur la baisse des coûts de calcul IA et des talents, anticipant que la plupart des usages grand public se feront localement.

Federighi a longtemps vu l'IA comme imprévisible et difficile à maîtriser, préférant un logiciel déterministe précisément spécifiable en revues de conception. Il a rejeté des propositions d'IA réorganisant dynamiquement l'écran d'accueil de l'iPhone, craignant de dérouter les utilisateurs.

Les tensions remontent à 2019 : Mike Rockwell (alors sur Vision Pro) avait critiqué l'approche conservatrice de Federighi et poussé une interface IA, recevant une réprimande. Rockwell dirige Siri depuis début 2025 et rapporte directement à Federighi.

Le scepticisme de Federighi s'est atténué après ChatGPT fin 2022. Après des tests personnels, il fut convaincu du potentiel des grands modèles de langage et a demandé à ses équipes d'intégrer des capacités similaires. Il a jugé les modèles internes d'Apple insuffisants sur appareil, tandis que l'équipe des modèles de fondation se sentait blâmée pour des problèmes d'optimisation relevant du logiciel et manquait de directives claires sur leur usage final.

Malgré le partenariat Google, Apple poursuit le développement de ses propres modèles. Il prévoit de compresser et d'adapter des modèles externes pour une exécution plus complète sur son matériel, réduisant la dépendance future. À cet effet, des acquisitions de startups spécialisées en compression et optimisation de modèles sont envisagées.

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