Siri AI ne sera jamais votre petite amie virtuelle
- 👨 Alexandre Godard
- Il y a 3 heures
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Siri est un outil, pas une relation
Pendant que ses concurrents misent sur l’attachement émotionnel pour fidéliser leurs utilisateurs, Apple dessine une ligne claire. Craig Federighi et Greg Joswiak, respectivement vice-président en charge de l’ingénierie logicielle et directeur marketing d’Apple, ont accordé une interview au média Mostly Human en marge du WWDC 2026. Leurs déclarations révèlent une philosophie de l’IA radicalement différente de celle qui domine l’industrie.
La question était directe : avec la nouvelle Siri IA d’iOS 27, est-il possible de créer un compagnon romantique virtuel ? La réponse de Federighi ne laisse aucune ambiguïté. Selon lui, la plupart des chatbots existants sont conçus pour maximiser l’engagement, en poussant les utilisateurs à se dévoiler davantage afin d’établir un lien artificiel. Siri, explique-t-il, fonctionne à l’opposé de cette logique : l’assistant est là pour aider, pas pour séduire. Il est conçu pour accomplir des tâches, répondre à des questions, et rediriger poliment l’utilisateur dès que la conversation dérive vers autre chose.
Pour Federighi, la différence tient aussi à une question de données : ce que votre iPhone sait de vous reste sur votre appareil, sous votre contrôle. Apple, en tant qu’entreprise, n’y a pas accès. Un argument répété depuis plusieurs années à Cupertino, mais qui prend un relief particulier dans le contexte de l’IA générative, où la collecte de données personnelles est au coeur du modèle économique de la plupart des acteurs.
Joswiak a lui aussi insisté sur une idée centrale dans la vision Apple de l’intelligence artificielle : la technologie doit s’effacer derrière l’usage. L’objectif affiché n’est pas de vendre de l’IA pour l’IA, mais de rendre les fonctionnalités existantes plus utiles sans que l’utilisateur ait besoin de maîtriser le moindre prompt. Une approche qui tranche avec l’essor des interfaces conversationnelles complexes, et qui assume pleinement de brider certaines libertés au nom d’une expérience plus cohérente et plus sûre.
À moins que l'Union européenne n'ait encore quelque chose à dire sur ce sujet et décide de demander à Apple ce que son intelligence artificielle doit dire et faire avant d'être disponible.