Votre iPhone pourrait bientôt permettre aux radars de vous identifier sur la route
- 👨 Alexandre Godard
- Il y a 3 heures (Màj il y a 3 heures)
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C'est quoi cette folie !?
Les radars automatiques pourraient bientôt ne plus se contenter de flasher votre plaque d'immatriculation. Une technologie capable de détecter vos appareils connectés existe, est déjà commercialisée, et se rapproche de l'Europe. SignalTrace, développée par Leonardo et brevetée en 2024, s'intègre aux systèmes de lecture automatique de plaques (LAPI) : elle capture en temps réel les signaux Bluetooth, Wi-Fi et RFID émis par les smartphones comme l'iPhone, montres connectées, écouteurs (AirPods) et systèmes embarqués à bord des véhicules qui passent devant ces capteurs.
Le principe est simple dans sa brutalité. Chaque appareil connecté émet en permanence des signaux radio identifiables. SignalTrace les intercepte, les associe à la plaque d'immatriculation lue simultanément, et construit une empreinte numérique unique de l'individu. Cette empreinte permet un suivi persistant, même lorsque le conducteur change de véhicule ou active la randomisation d'adresse MAC, une fonction de confidentialité présente sur iOS depuis plusieurs versions.
Aux États-Unis, la technologie est déjà opérationnelle. Elle est utilisée par des agences fédérales et locales dans le cadre d'enquêtes criminelles, compatible avec des infrastructures comme Flock Safety. Leonardo est par ailleurs solidement implanté sur le marché français de la sécurité publique.
Ce qui est inquiétant, ce n'est pas tant la technologie en elle-même que la facilité avec laquelle elle pourrait s'imposer sans débat. Les LAPI sont déjà déployés massivement en France, et les extensions législatives récentes ont considérablement élargi leurs usages autorisés. Une intégration de SignalTrace en simple mise à niveau de l'existant serait techniquement triviale, sans nécessiter de nouveaux marchés publics visibles ni de vote parlementaire.
Aucun texte français ne l'interdit explicitement aujourd'hui, et le RGPD, bien qu'applicable en théorie, n'a jamais anticipé ce type de croisement de données. La surveillance de masse ne s'annonce pas toujours avec une loi, un débat ou une Une dans les journaux. Elle se glisse parfois dans une mise à jour firmware, déployée discrètement sur des infrastructures déjà en place, sans que personne n'ait eu à voter quoi que ce soit.
Affaire à suivre, mais cela risque de faire parler dans les semaines à venir.