Le malware « ClickLock » force les utilisateurs Mac à donner leur mot de passe
- 👨 Alban Martin
- Hier à 16:30
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Comment fonctionne l’attaque sur Mac ?
Contrairement à de nombreux malwares, ClickLock n’a besoin d’aucun exploit ni de privilèges administrateur. Tout repose sur de l’ingénierie sociale, comme 90 % des attaques réussies finalement.
La victime est généralement orientée vers une fausse page de vérification (souvent présentée comme un contrôle Cloudflare ou une validation de navigateur). Cette page lui demande de copier une commande et de la coller dans le Terminal.
Une fois la commande exécutée :
- Le script télécharge plusieurs modules en arrière-plan
- Une fausse barre de progression style Cloudflare s’affiche
- Une boîte de dialogue demande le mot de passe de la session
Si l’utilisateur refuse, le malware passe à la vitesse supérieure : il ferme toutes les applications visibles toutes les 210 millisecondes, soit plus de 5 fois par secondes. Le Mac devient pratiquement inutilisable tant que le mot de passe n’est pas saisi. En parallèle, les notifications de sécurité de macOS sont temporairement bloquées.
Que vole-t-il ?
Dès que le mot de passe est entré, le malware force ensuite l’affichage d’une vraie demande d’accès au Trousseau (Keychain). S’il obtient cette autorisation, il récupère notamment :
- Les mots de passe et cookies enregistrés dans Chrome
- Les données du Trousseau macOS
- Les coffres de gestionnaires de mots de passe
- Les portefeuilles de cryptomonnaies
Voici le détail :
Informations système
- Nom d’utilisateur, version de macOS, modèle du processeur, nombre de cœurs, quantité de RAM, taille du disque
- Adresse IP publique
- Répertoire de travail actuel
Identifiants système
- Mot de passe de session macOS
- Contenu du Trousseau (Keychain)
- Clé de chiffrement AES « Safe Storage » de Chrome
Données des navigateurs
Navigateurs Chromium (Chrome, Brave, Edge, Opera, Vivaldi, Arc, Chromium) :
- Identifiants enregistrés, cookies, favoris, données web, stockage local et sessions
Firefox :
- Identifiants, cookies, historique des formulaires et bases de données associées
Portefeuilles crypto (extensions de navigateur)
Très large couverture, notamment :
- MetaMask, Phantom, Coinbase Wallet, Trust Wallet, Exodus, Rabby, Rainbow, Keplr, Solflare, OKX, Backpack, Yoroi, Tonkeeper, Xverse, UniSat, Ronin, TronLink, Zerion, Bitget, Leather, etc.
Gestionnaires de mots de passe
- Bitwarden, LastPass, 1Password, iCloud Passwords, NordPass, Keeper, Dashlane, et d’autres
Portefeuilles de bureau
- Exodus, Coinomi, Electrum, Atomic Wallet, Wasabi, Bitcoin Core, Feather/Monero, 1Password
Adresses blockchain
Extraction directe (sans déchiffrement) des adresses :
- EVM, Bitcoin, Solana, TRON, TON, Stacks
Autres données sensibles
- Historique des commandes Terminal (zsh et bash)
- Configurations FileZilla
- Données de coffres chiffrés (pour tentative de brute-force hors ligne)
Toutes ces informations sont ensuite envoyées vers un bot Telegram. Un backdoor discret se fait également installer, se faisant passer pour un processus iCloud afin de garder un accès permanent à la machine.
Qui est touché ?
Selon Group-IB, la campagne est active depuis mai 2026. Au moins 100 victimes ont été identifiées dans 33 pays, dont plus de la moitié en Europe.
Apple a déjà réagi
Apple a renforcé ses défenses dans macOS 26.4 (Tahoe). Le système affiche désormais un avertissement lorsqu’on tente de coller une commande provenant d’un site web, d’un chat ou d’un message dans le Terminal. Dans certains cas, le collage est purement et simplement bloqué.
Malgré ces protections, le conseil reste le même : aucune page web légitime ne vous demandera jamais de coller une commande dans le Terminal.
Que faire pour se protéger des virus sur Mac ?
- Ne jamais coller de commande dans le Terminal si vous ne comprenez pas exactement ce qu’elle fait.
- Se méfier des pages de « vérification » trop insistantes.
- Garder macOS à jour, macOS 27 arrive en septembre pour information.
- Utiliser un gestionnaire de mots de passe et l’authentification à deux facteurs partout où c’est possible.
- Utiliser une protection type Intego One pour les plus inquiets.
Ce type d’attaque montre une fois de plus que l’ingénierie sociale reste l’une des menaces les plus efficaces, même sur Mac. Restez vigilants.