M5 Pro et Max : que sont vraiment les "super cœurs" d'Apple ?
- 👨 Nadim Lefebvre
- Il y a 4 heures
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Un renommage assumé
Les super cœurs ne sont pas une architecture inédite sortie de nulle part. Apple le reconnaît elle-même : il s'agit des cœurs de performance déjà présents dans la puce M5 standard (celle du MacBook Air, de l'iPad Pro et de l'Apple Vision Pro) simplement rebaptisés. Ces cœurs affichent d'excellentes performances en monothread, avec une bande passante front-end améliorée, une nouvelle hiérarchie de cache et une meilleure prédiction de branchement. Mais le fond technique, contrairement à la Fusion Architecture, n'a pas changé du jour au lendemain : seul le nom a évolué.
La M5 Pro et la M5 Max embarquent six de ces super cœurs, auxquels s'ajoutent 12 nouveaux cœurs de performance. Apple les décrit comme optimisés pour le multithreading économe en énergie - ce qui ressemble fortement à des cœurs d'efficacité revus et améliorés, promus au rang de "performance" pour l'occasion.
Trois niveaux de cœurs… pas si clairs
Pour tout comprendre, voici comment s'organise concrètement la hiérarchie :
Sur le M5 de base, deux types de cœurs coexistent : les super cœurs (anciens cœurs de performance, renommés) et les cœurs d'efficacité, dont le nom n'a pas bougé. Sur les M5 Pro et Max, la donne change : les super cœurs restent au sommet, mais ils sont épaulés par des "cœurs de performance" - une nouvelle catégorie intermédiaire qui n'existe pas sur le M5 standard. Ces derniers ne sont ni les anciens cœurs de performance (devenus super cœurs), ni de simples cœurs d'efficacité. Apple a donc créé un troisième échelon, sans jamais expliquer clairement où il se situe.
Le résultat est une hiérarchie à trois vitesses (super cœurs, cœurs de performance, cœurs d'efficacité) dont les contours varient selon la puce. Le terme "performance" désigne ainsi deux réalités différentes selon qu'on parle du M5 de base ou du M5 Pro. De quoi perdre même les lecteurs avertis.
Le parallèle avec Intel est tentant
Cette gymnastique terminologique rappelle ce qu'Intel pratique depuis des années avec ses P-core et E-core, eux-mêmes inspirés de l'architecture big.LITTLE d'ARM. Apple applique une logique similaire depuis l'A14 Bionic, mais choisit désormais d'habiller sa hiérarchie de nouveaux noms à chaque génération. Le résultat concret rest solide avec des performances multithreads annoncées jusqu'à 2,5x supérieures aux M1 Pro et Max. Mais comparer à une puce vieille de 4,5 ans, c'est aussi choisir son terrain.
L'enjeu pour Apple n'est pas tant technique que perceptif : dans un marché où les benchmarks circulent librement, renommer ses cœurs permet de mieux raconter l'histoire de sa puce. On peut parier que l'A20 arrivera lui aussi avec ses propres super cœurs. Et dans deux ans, pourquoi pas des "ultra cœurs" ? En définitive, comme avec sa stratégie commerciale autour des puces A et M, Apple est en train d'embrouiller tout le monde.